L’enlèvement de citoyens japonais par la Corée du Nord
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Pour en savoir plus au sujet des enlèvements

Janvier 2010 / Cellule Dédiée à la Question des Enlèvements

Après avoir nié avec persistance toutes allégations durant des années, la Corée du Nord a finalement admis pour la première fois, lors du sommet nippo-nord-coréen de septembre 2002 à Pyongyang, avoir bel et bien enlevé des citoyens japonais. Lors de la rencontre, la Corée du Nord a présenté ses excuses et a promis de ne plus faire d’enlèvements à l’avenir. Le Gouvernement Japonais a actuellement identifié 17 victimes japonaises de ces enlèvements (voir ci-joint). Parmi ces 17 personnes, cinq purent revenir au Japon le 15 octobre 2002, soit quelques 24 ans après leur enlèvement du sol japonais (leurs familles purent les rejoindre en mai et juillet 2004). Pendant longtemps, les autorités nord-coréennes ne fournissaient pas d’informations crédibles sur le sort des victimes restantes, dont le statut demeure toujours inconnu malgré la promesse, faite par la Corée du Nord au second sommet nippo-nord-coréen du 22 mai 2004, de rouvrir immédiatement une investigation exhaustive de ces cas. Cependant, pendant la consultation de travail des deux pays, en juin 2008, la Corée du Nord exprima qu'elle réexaminera la question des enlèvements. Lors d’une discussion en août de la même année, les deux parties se mirent d’accord sur l'objectif du réexamen et de ses modalités concrètes. Ainsi, la Corée du Nord devrait dorénavant effectuer une enquête compréhensive concernant les victimes d'enlèvement, afin qu’elle prenne des mesures concrètes pour régler le problème des enlèvements, en d'autres termes, identifier les survivants et les rapatrier au Japon.   

Depuis quelque temps, le Gouvernement du Japon maintient la position selon laquelle l’enlèvement de citoyens japonais est une affaire grave qui touche à la souveraineté du Japon ainsi qu’à la vie et la sécurité de ses citoyens, et que, tant que cette question n’est pas résolue, il n’y a pas de normalisation possible des relations avec la Corée du Nord. Suivant cette politique, à moins que le côté nord-coréen ne présente des explications ou preuves convaincantes, le Gouvernement Japonais continue à croire fermement que toutes les victimes d’enlèvement dont on n’a pas de nouvelles sont toujours vivantes, et exige que toutes ces personnes soient en sécurité et rendues rapidement à leur pays, que chaque cas soit documenté avec exactitude et exhaustivité, et que les coupables soient livrés aux autorités japonaises. Le Gouvernement du Japon envisage dorénavant de poursuivre les pourparlers avec le côté nord-coréen, afin que l'enquête compréhensive de la Corée du Nord puisse commencer dans les meilleurs délais, et que le Japon puisse obtenir des résultats qui conduiront au rapatriement des survivants.

À propos, la Corée du Nord a insisté plusieurs fois que le Japon persiste dans le problème des enlèvements, en évitant le règlement du passé. Cependant, comme le Gouvernement Japonais l'a précisé à maintes reprises, sa position est d'aborder sincèrement le règlement de ce passé malheureux, suivant la Déclaration nippo-nord-coréenne de Pyongyang. C'est la raison pour laquelle les autorités japonaises ne peuvent pas accepter une telle opinion de la Corée du Nord. Elles continuent à demander fermement à la Corée du Nord de prendre des décisions concrètes dans les plus brefs délais, afin de résoudre le problème des enlèvements. Comme il est possible qu’il existe d’autres cas d’enlèvements en plus des 17 déjà identifiés, le Gouvernement est également en train de mener à bien des investigations et enquêtes à ce propos. Le cas échéant, le Gouvernement Japonais portera ces cas à l’attention du Gouvernement Nord-coréen.

  1. 1. Contexte
  2. 2. Discussions nippo-nord-coréennes au sujet des enlèvements
  3. 3. Efforts de la communauté internationale
  4. 4. Mesures prises par le Japon

1. Contexte

Entre les années 1970 et 1980 environ eurent lieu une série d’incidents au cours desquels des citoyens japonais disparurent dans des circonstances peu naturelles. Les enquêtes menées par les autorités japonaises ainsi que des témoignages d’agents nord-coréens en exil révélèrent que nombre de ces incidents étaient très probablement des enlèvements par la Corée du Nord. Depuis 1991, le Gouvernement Japonais a saisi toutes les opportunités pour soulever la question avec la Corée du Nord, qui a nié son implication avec persistence. Cependant, lors du Sommet nippo-nord-coréen de septembre 2002, la Corée du Nord a pour la première fois admis qu’elle avait enlevé des citoyens japonais.

La Corée du Nord a perpétré ce crime d’Etat sans précédent pour un certain nombre de motifs : pour dissimuler l’identité d’agents nord-coréens ; pour employer les personnes enlevées à former ces agents pour qu’ils se fondent au sein de la société japonaise ; enfin, pour recruter des membres pour le Groupe Yodo-go (voir note ci-dessous), toujours hébergé à ce jour par la Corée du Nord. En plus des 17 cas déjà identifiés par le Gouvernement Japonais, d’autres personnes disparues auraient également pu être enlevées par la Corée du Nord, et le Gouvernement du Japon est en train d’effectuer des enquêtes et recherches à ce sujet. Ces mesures ont déjà révélé de nouvelles suspicions d’enlèvements de citoyens non-japonais au Japon (Nord-Coréens vivant sur le sol japonais) ainsi que d’individus dans d’autres pays [voir 3.1 (b) e 4.1 (a) ci-dessous pour plus de détails].

Au Japon se sont créés divers mouvements en faveur du retour des victimes d’enlèvement, et 1997 a vu la formation de l’Association des Familles des Victimes Enlevées par la Corée du Nord (couramment appelée Association des Familles). À ce jour, une pétition a recueilli plus de 7,65 millions de signatures, qui ont été présentées au Premier Ministre du Japon.

(note) L’appellation Groupe Yodo-go se réfère à la bande organisée responsable du détournement du vol Japan Airlines 351 (en japonais yo-do-go) vers la Corée du Nord le 31 mars 1970, ainsi qu’aux familles de ces individus.

2. Discussions nippo-nord-coréennes au sujet des enlèvements

(1) Premier sommet nippo-nord-coréen (septembre 2002)

  1. (a)  Après avoir nié avec persistance toutes ces allégations durant des années, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il, le président du Comité de la défense nationale, a finalement admis pour la première fois, le 17 septembre 2002, lors du sommet nippo-nord-coréen, que la Corée du Nord avait bien enlevé des citoyens japonais, et a présenté ses excuses pour ces incidents. À cette époque, le Gouvernement du Japon exigeait une investigation sur le sort de 13 individus identifiés comme victimes d’enlèvements. Parmi ces personnes, la Corée du Nord a prétendu que quatre étaient vivantes, huit étaient décédées, et que rien ne prouvait que la personne restante se soit jamais trouvée sur son sol. La délégation nord-coréenne a en revanche admis l’enlèvement d’une personne supplémentaire qui ne faisait pas l’objet de l’investigation japonaise d’origine (cependant, par la suite la Corée du Nord affirma que des recherches supplémentaires n’avaient finalement pas permis de confirmer la présence sur son territoire de sa mère, disparue en même temps). Lors de ce même sommet, la Corée du Nord s’engagea à ce qu'ils ne se reproduiraient plus, en disant qu'elle avait déjà puni les responsables de ces enlèvements. Elle promit de permettre aux personnes enlevées de rencontrer leurs familles et de retourner au Japon. 
    Le Premier Ministre d’alors, Junichiro Koizumi, porta plainte en des termes très fermes contre le Président Kim Jong-Il, exigeant plus d’enquêtes, le retour des survivants et la fin des enlèvements.
  2. (b)  Dans une déclaration publique faite le jour du sommet, le porte-parole de la Corée du Nord dit clairement que la Corée du Nord était prête à prendre les mesures nécessaires au retour au Japon des personnes enlevées.

(2) Envoi d’une commission d’enquête (septembre-octobre 2002)

Le Gouvernement envoya en Corée du Nord une commission d’enquête du 28 septembre au 1er octobre 2002 pour rencontrer les personnes enlevées et pour récolter des informations à propos de celles dont le sort était inconnu. Cependant, la Corée du Nord ne fournit que des informations limitées, inconsistantes et d’une crédibilité douteuse. Dans un cas spécifique, l’examen médico-légal de restes humains, identifiés par la Corée du Nord comme étant ceux de M. Kaoru Matsuki, révéla qu’il s’agissait en fait d’une autre personne. Lors du 12e round des Pourparlers de normalisation nippo-nord-coréens qui se sont tenus à Kuala Lumpur du 29 au 30 octobre 2002, le Gouvernement du Japon a pointé du doigt 150 points inconsistants au sein des éléments produits par la Corée du Nord, et a demandé un complément d’information ; cependant, la Corée du Nord n’a toujours pas répondu de manière satisfaisante.

(3) Retour de cinq victimes au Japon (octobre 2002)

  1. (a)En réponse aux demandes du Gouvernement Japonais, la Corée du Nord a libéré cinq personnes enlevées (Yasushi et Fukie Chimura, Kaoru et Yukiko Hasuike, et  Hitomi Soga). Ils arrivèrent au Japon et furent réunis avec leurs familles le 15 octobre 2002.
  2. (b)Ayant décidé qu’il était nécessaire que les victimes d’enlèvements soient placées dans un environnement propice à décider librement de leur propre futur et de celui de leurs familles demeurées en Corée du Nord, le Gouvernement Japonais annonça le 24 octobre que ces personnes resteraient au Japon. Il en appela également fermement à la Corée du Nord pour assurer la sécurité des membres des familles des victimes encore sur son sol, et pour déterminer immédiatement une date de transfert au Japon pour ces personnes.
    Le retour des membres des familles et l’obtention d’un rapport complet sur la destinée des victimes dont le sort demeure inconnu est devenu un sérieux point de désaccord et de négociation entre le Japon et la Corée du Nord.

(4) Second sommet nippo-nord-coréen (mai 2004)

Afin de confirmer la bonne volonté du Japon concernant l’application des décisions de la Déclaration de Pyongyang, faite lors du premier sommet nippo-nord-coréen, et pour restaurer la confiance entre les deux pays, Junichiro Koizumi, le premier ministre d’alors, se rendit en Corée du Nord le 22 mai 2004. Les discussions se sont concentrées sur la question des enlèvements ainsi que d’autres points de désaccord entre le Japon et la Corée du Nord, ainsi que sur des sujets concernant la paix et la sécurité de l’Asie du Nord-Est, tels que l’armement nucléaire et les missiles balistiques. Au cours de ces discussions, le Président et le Premier Ministre se sont entendus sur les points suivants concernant la question des enlèvements.

  • La Corée du Nord a accepté de laisser les cinq membres des familles de Kaoru et Yukiko Hasuike et de Yasushi et Fukie Chimura revenir au Japon (lors de son voyage, le Premier Ministre a essayé durant une heure de négocier également le voyage au Japon des trois membres de la famille de Hitomi Soga. Bien que ceux-ci, son mari et ses deux enfants, n’aient pas voyagé le même jour que les autres, ils sont finalement venus au Japon le 18 juillet).
  • La Corée du Nord a accepté de rouvrir immédiatement les investigations depuis le départ afin de découvrir des éléments au sujet des personnes enlevées dont le sort demeure incertain à ce jour.

(5) Consultations de travail nippo-nord-coréennes (août, septembre, novembre 2004)

  1. (a)Des consultations de travail nippo-nord-coréennes ont eu lieu à Beijing plus tard dans l’année, avec une première réunion du 11 au 12 août, et une seconde du 25 au 26 septembre. La partie nord-coréenne a présenté les résultats préliminaires de son enquête en cours au sujet des victimes d’enlèvements dont la condition était toujours inconnue. Cependant, la Corée du Nord a omis de présenter des preuves adéquates ou une documentation suffisante pour appuyer les informations qu’elle a fournies.
  2. (b)Pour construire sur les fondations posées par les deux premières rencontres, un troisième round de consultations de travail nippo-nord-coréennes a eu lieu à Pyongyang du 9 au 14 novembre 2004. Ces discussions durèrent plus de 50 heures. En plus des sessions de questions-réponses posées directement au comité d’enquête, des entrevues en direct d’un total de 16 « témoins » ont aussi été organisées ainsi que des inspections d’équipements et autres lieux en rapport avec le cas des enlèvements.
    Le troisième round de consultations a également permis d’aborder le cas de personnes disparues qui ne sont pas encore officiellement identifiées par le Gouvernement Japonais comme victimes d’enlèvements par la Corée du Nord, mais pour qui cette possibilité ne peut être ignorée. Le Gouvernement du Japon a présenté à la partie nord-coréenne les noms de cinq personnes disparues, et a demandé des informations sur leur situation particulière. Le Gouvernement a également réitéré ses demandes de compléments d’information sur tout citoyen japonais enlevé, qu’il soit identifié comme tel ou non par le Japon. En réponse, la Corée du Nord a affirmé qu’il n’existait aucune évidence que ces cinq individus se soient jamais trouvés sur son sol.
  3. (c)Sans attendre, le Gouvernement Japonais a passé en revue les informations et examiné les preuves physiques fournies par la Corée du Nord lors des troisièmes consultations de travail. Le 24 décembre, les conclusions gouvernementales ont été présentées au public. Le jour suivant, 25 décembre, le Gouvernement a présenté à la Corée du Nord, sous forme verbale et écrite, les points soulignés ci-dessous, et a profité de l’occasion pour lui présenter aussi un résumé de ses trouvailles et résultats de tests effectués sur les restes humains qui seraient, selon la Corée du Nord, ceux de Megumi Yokota.
    • Aucune évidence ne corrobore les affirmations, présentées par la partie nord-coréenne lors du troisième round de consultations de travail nippo-nord-coréennes, selon lesquelles huit des personnes enlevées seraient décédées et deux autres ne seraient jamais entrées en Corée du Nord. Le Gouvernement du Japon ne peut accepter ces affirmations, et objecte avec force à la mauvaise foi de la Corée du Nord.
    • Les informations et les preuves fournies par la Corée du Nord ne suffisent pas pour fournir un exposé complet des victimes d’enlèvements dont le sort est toujours inconnu, et les investigations approfondies promises n’ont pas eu lieu. Les tests ADN ont révélé que les restes présentés comme étant ceux de Megumi Yokota contiennent des ADN de plusieurs personnes différentes.
    • Le Gouvernement du Japon demande avec insistance qu’un compte-rendu exhaustif soit fourni à propos des victimes d’enlèvements dont le sort est toujours inconnu, et que tout survivant soit autorisé à regagner le Japon immédiatement. Le Gouvernement est prêt à prendre de sérieuses mesures si la Corée du Nord choisit de ne pas répondre promptement et en toute bonne foi.
  4. (d)Le 26 janvier 2005, la partie nord-coréenne a présenté au Gouvernement Japonais un mémorandum daté du 24 janvier soulignant, entre autres choses, la position nord-coréenne quant aux résultats des tests ADN pratiqués par le Japon sur les soi-disant restes de Megumi Yokota, et demandant en outre que ces restes lui soient rendus. Le 10 février, le Gouvernement du Japon rejeta les arguments du mémorandum nord-coréen, exigeant une fois de plus que toutes les victimes survivantes soient immédiatement rendues au Japon et qu’un rapport complet soit fourni sur tous ces cas. Le 24 février et le 13 avril, la Corée du Nord réitéra ses objections à la position japonaise, arguments que le Gouvernement Japonais rejeta à son tour en s’appuyant sur les résultats objectifs et scientifiques de ses analyses.

(6) Discussions globales nippo-nord-coréennes (février 2006)

Les Discussions globales nippo-nord-coréennes ont eu lieu à Pékin du 4 au 8 février 2006. Ces discussions étaient divisées et menées séparément selon trois sujets différents: les enlèvements ; le problème du nucléaire et des missiles balistiques ; et la normalisation des relations diplomatiques. Les consultations au sujet des enlèvements ont duré 11 heures au total. Au cours de ces rencontres, le Gouvernement du Japon a réitéré sa demande de laisser tous les survivants revenir au Japon, et que la Corée du Nord tienne sa promesse de rouvrir les enquêtes afin de fournir un rapport complet sur les cas non résolus, et de livrer aux autorités japonaises les personnes coupables d’enlèvements.

En réponse aux demandes du Japon, la partie nord-coréenne a réitéré ses assertions selon lesquelles tous les survivants étaient déjà retournés au Japon. Elle a assuré que chaque cas avait été examiné en toute bonne foi, déclaré exacts les résultats des enquêtes passées, et refusé de s’engager dans de nouvelles enquêtes concernant les cas de victimes dont le sort demeure inconnu. La Corée du Nord a également refusé de se soumettre à la demande d’extradition des coupables vers le Japon, arguant qu’il s’agit là d’un problème purement politique.

Il est clair que la Corée du Nord ne fait preuve d’aucune bonne volonté pour faire progresser concrètement la résolution du problème des enlèvements. Au contraire, la partie nord-coréenne a même demandé l’extradition vers la Corée du Nord de 7 citoyens japonais pour violation des lois intérieures nord-coréennes, parce qu’ils étaient venus en aide à des Nord-Coréens ayant fui leur régime.

(7) La Corée du Nord lance des missiles balistiques et annonce des essais nucléaires (juillet et octobre 2006)

  1. (a)Le 5 juillet 2006, la Corée du Nord a procédé au lancement de sept missiles balistiques. Le Gouvernement du Japon a riposté le même jour par une série de 9 mesures à l’encontre de la Corée du Nord, dont l’interdiction faite au ferry nord-coréen Mangyongbong-92 d’accoster dans ses ports. Lors de l’annonce de ces sanctions, le Gouvernement Japonais a vigoureusement critiqué les actions nord-coréennes.
    Sans tenir compte des avertissements répétés de la communauté internationale, la Corée du Nord a annoncé le 9 octobre de cette même année qu’elle avait effectué des essais nucléaires. Condamnant vigoureusement la Corée du Nord et exprimant son opposition résolue à ces essais, le Gouvernement Japonais a mis en place, le 11 du même mois, quatre mesures à son encontre, incluant l’interdiction d’entrée dans ses ports de tout navire battant pavillon nord-coréen, ainsi que l’importation de marchandises nord-coréennes.
  2. (b)Cette série de mesures à l’encontre de la Corée du Nord fut prise en tenant compte non seulement du climat politique international et de ses facteurs variés et globaux, mais aussi du fait que la Corée du Nord n’avait pas agi de bonne foi pour résoudre la question des enlèvements. En tenant compte des facteurs variés et globaux, y compris le fait qu'il n'y avait aucun progrès concret pour le problème des enlèvements, le Gouvernement Japonais a réitéré, parmi ces mesures, l'interdiction de tout navire nord-coréen dans ses ports, et de l'arrêt de l'importation de tout produit de la Corée du Nord pour quatre périodes successives de 6 mois, commençant respectivement le 10 avril et le 9 octobre 2007, et le 11 avril et le 10 octobre 2008. Le 5 avril 2009, la Corée du Nord lança de nouveau des missiles balistiques, et refusa de prendre des mesures concrètes pour régler le problème des enlèvements. Ainsi, le Gouvernement Japonais décida le 10 du même mois d'étendre la période d'exécution de ces mesures à un an et ajouta deux mesures additionnelles, afin de saisir plus minutieusement l'état actuel du flux des ressources financières à destination de la Corée du Nord. (À propos, le 16 juin de la même année, suivant l'annonce faite par la Corée du Nord concernant l'essai nucléaire souterrain du mois précédent, le Gouvernement Japonais ajouta encore deux autres mesures, y compris l'interdiction d'exportation de tout produit.) (Voir (10) ci-dessous.)

(8) Groupe de travail pour la normalisation des relations nippo-nord-coréennes (mars, septembre 2007)

Lors des Pourparlers à Six de février 2007, les parties s’entendirent sur la création d’un Groupe de Travail pour la Normalisation des relations nippo-nord-coréennes. Le Groupe se réunit pour la première fois à Hanoi les 7 et 8 mars 2007. Lors de cette rencontre, le Japon réitéra ses demandes que la sécurité des victimes d’enlèvement ainsi que de leurs familles soit garantie, qu’elles soient autorisées à rentrer immédiatement au Japon, que chaque cas soit documenté exhaustivement, et que les coupables soient extradés vers le Japon. Cependant, la partie nord-coréenne, non seulement réaffirma sa position selon laquelle la question des enlèvements était déjà résolue, mais aussi en appela au Japon pour lever les « sanctions économiques » dont elle était victime, et ne fit pas preuve de bonne foi dans la résolution du problème des enlèvements. Le Groupe se réunit une seconde fois à Ulan-Bator du 5 au 6 septembre. Le Japon et la Corée du Nord promirent alors, sur la base de la Déclaration de Pyongyang, que les deux parties travailleraient ensemble de bonne foi à tenir des discussions actives afin de pouvoir progresser concrêtement aussi vite que possible en direction d’une normalisation, afin de tourner la page sur le passé et résoudre les questions non résolues.  Cependant, nul progrès n’a été fait lors de cette rencontre en ce qui concerne les enlèvements. 

Le 20 juillet, entre les deux rencontres du Groupe de Travail, la Corée du Nord publia un communiqué de son Ministère des Affaires Etrangères, selon lequel la question des enlèvements était résolue et critiquant la position japonaise à ce sujet. En réponse, le Gouvernement du Japon, lors d’une conférence de presse au Ministère des Affaires Etrangères le 25 juillet, publia une déclaration expliquant que le communiqué nord-coréen était totalement inacceptable.

(9) Consultations de travail nippo-nord-coréennes (juin, août 2008)

La consultation de travail nippo-nord-coréenne a eu lieu à Pékin, le 11 et le 12 juin 2008. Lors de cette consultation, les deux parties exprimèrent de nouveau leurs positions respectives concernant la question des enlèvements et le règlement de ce passé malheureux. Concernant particulièrement le problème des enlèvements, des pourparlers sérieux et approfondis entre les chefs de délégation des deux parties ont eu lieu. 

En conséquence, en changeant sa position existante selon laquelle le problème des enlèvements serait déjà résolu, le côté nord-coréen affirma qu'il procéderait au réexamen de cette question. La Corée du Nord serait prête à coopérer, afin de résoudre le problème lié aux membres du Groupe Yodo-go. Suivant cette déclaration, parmi les mesures existantes contre la Corée du Nord, le côté japonais exprima son intention de lever les restrictions portant sur la libre circulation des personnes et les vols d'affrètement, ainsi que de permettre l'arrivée de navires nord-coréens dans ses ports, dont l'objectif est limité à la transportation de produits destinés à l'aide humanitaire uniquement.

Lors de la consultation qui s'est tenue en août de la même année, les parties se mirent d’accord sur l'objectif de l'enquête et de ses modalités concrètes. Dorénavant, suivant cet accord, la Corée du Nord devrait effectuer une enquête compréhensive concernant les victimes d’enlèvement, afin de prendre des mesures concrètes pour régler le problème des enlèvements, en d'autres termes, faire rapatrier les survivants. En outre, le côté japonais acquiesça à lever les restrictions portant sur la libre circulation des personnes et les vols d'affrètement, dès que la Corée du Nord entamerait son enquête.

Cependant, en septembre de la même année, la Corée du Nord communiqua que, compte tenu du changement inattendu du gouvernement au Japon, elle s'abstiendrait d'établir un comité d'enquête, en attendant jusqu'à ce qu'elle puisse identifier les idées du nouveau gouvernement concernant l'exécution des sujets d'accord des consultations de travail. Même plus tard, cette situation, où la Corée du Nord ne procède pas aux sujets d'accord, continue. Quant au Japon, il n'y a eu aucun changement dans ses intentions de réaliser les sujets d'accord mentionnés ci-dessus. Le Gouvernement Japonais continue à manifester une telle position face à la Corée du Nord et envisage de demander fermement de commencer dans les plus brefs délais l'enquête compréhensive concernant les victimes d'enlèvement.

(10) Annonce du lancement de missiles balistiques et de l'exécution d’un essai nucléaire par la Corée du Nord (avril, mai 2009)

  1. (a)Le 5 avril 2009, la Corée du Nord lança de nouveau des missiles balistiques. Suite à cet incident, le Gouvernement Japonais décida, le 10 du même mois, de prolonger, pour un an, ses mesures contre la Corée du Nord ; mesures effectuées depuis le lancement des missiles balistiques et l'exécution de l'essai nucléaire en 2006. Le Gouvernement Japonais ajouta deux mesures additionnelles, afin de saisir plus minutieusement l'état actuel du flux des ressources financières à destination de la Corée du Nord.
      De surcroît, la Corée du Nord annonça le 25 mai de la même année, l'exécution d’un essai nucléaire souterrain. Suite à cette nouvelle, le Gouvernement Japonais décida de procéder, à part les mesures mentionnées ci-dessus, à deux autres mesures, y compris l'interdiction d'exportation de tout produit.
  2. (b)Le Gouvernement Japonais décida de prendre cette série de mesures additionnelles, en tenant compte des circonstances qui entourent la Corée du Nord. Cependant, comme la Corée du Nord ne prend pas d’actions concrètes, plus précisément, ne commence pas avec l'enquête compréhensive sur le problème des enlèvements (voir (9) ci-dessus), convenue en août 2008, ce fait constitue un des facteurs majeurs de la décision des autorités japonaises.

3. Efforts de la communauté internationale

(1) Intérêt international grandissant au sujet des enlèvements 

  1. (a)L’enlèvement des citoyens japonais par la Corée du Nord constitue une violation grave et évidente de la dignité humaine, des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Adoptée par la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU trois années consécutives depuis 2003, la Résolution sur la Situation des Droits de l’Homme en République Démocratique Populaire de Corée en appelle à un règlement rapide des questions non résolues concernant l’enlèvement de citoyens étrangers. En tenant compte du résultat des plusieurs visites annuelles au Japon depuis 2005, le Professeur Vitit Muntarbhorn, désigné par la Résolution comme Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la situation des Droits de l’Homme en Corée du Nord, a fait un rapport à la Commission des Droits de l'Homme (à partir de 2006, Conseil des Droits de l'Homme) et à la Troisième Commission de l'Assemblée Générale des Nations Unies. Dans son rapport de 2009, il recommande que la Corée du Nord prenne des mesures coopératives rapides et efficaces pour résoudre le problème des enlèvements.
  2. (b)En plus de la résolution adoptée par la Commission des Droits de l’Homme ci-dessus, la Résolution sur la Situation des Droits de l’Homme en République Démocratique Populaire de Corée fut également adoptée par la session plénière de l’Assemblée Générale de l’ONU pour la première fois en décembre 2005. Dès lors, cette résolution a été adoptée par la majorité pour la cinquième fois consécutive. La résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies a été soumise conjointement par le Japon et l'Union Européenne, en exprimant une grande préoccupation pour la situation des Droits de l’Homme en Corée du Nord, y compris le problème des enlèvements de citoyens étrangers. Cette résolution demande à la Corée du Nord de résoudre le problème dans les plus brefs délais, y compris le rapatriement immédiat des victimes d'enlèvement. (Le nombre des pays soumettant conjointement cette résolution en 2009 s’élevait à 53. La Corée du Sud s’est jointe à ces pays depuis 2008.) Lors de l'adoption de cette série de résolutions, il y avait de nombreux pays qui exprimaient leur préoccupation concernant la réaction de la Corée du Nord, même s'ils ne votèrent pas pour l'approbation (p. ex. Inde, Népal, Vietnam, Indonésie, Colombie, etc.). De plus, en décembre de l'année dernière, lors de la réunion du groupe de travail pour la revue périodique et universelle (UPR) de la Commission des Droits de l'Homme, une enquête sur la situation des droits de l'homme en Corée du Nord fut réalisée et un rapport décrivant les préoccupations et recommandations du Japon et d'autres pays concernant la situation des droits de l'homme en Corée du Nord, y compris le problème des enlèvements, fut adopté.
  3. (c)À propos, la préoccupation du Japon et des autres pays grandit encore suite aux témoignages des victimes revenues au Japon, qui indiquent que des citoyens d’autres nations en plus du Japon auraient aussi été enlevés, notamment des ressortissants de Thaïlande, Roumanie, Liban, et d’autres encore. En mai 2006, suite à la révélation selon laquelle il y avait de fortes chances pour que le mari de Megumi Yokota, de nationalité sud-coréenne, soit également une victime d’enlèvement, les membres des familles des victimes du Japon et de la République de Corée commencèrent à renforcer leurs liens et leur coopération, se rendant visite dans leurs pays respectifs. 

(2) Mesures diplomatiques prises par le Japon

  1. (a)À part l'Assemblée générale et le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, le Gouvernement du Japon a su gagner la compréhension de nombreux pays étrangers en soulevant la question des enlèvements lors de conférences internationales, sommets du G8 et autres rencontres de chefs d’États. Par exemple, lors du sommet du G8 en juillet 2009 à L'Aquila, les autres pays participants ont exprimé leur soutien à la proposition japonaise sur le problème des enlèvements. Par conséquent, le texte « Nous demandons à la Corée du Nord d'aborder tout de suite le souci de la société internationale sur le problème humanitaire, y compris celui des enlèvements » fut inclus dans la déclaration des dirigeants. (Suite au sommet du Lac Tôya de Hokkaidô de l'année précédente, c'est la deuxième fois consécutive que le problème des enlèvements fut explicitement mentionné dans la déclaration des dirigeants du sommet du G8. À propos, depuis le sommet d'Evian en 2003, le problème des enlèvements a été continuellement mentionné dans le résume du président, lors des sommets du G8).
      De plus, en ce qui concerne les entretiens bilatéraux avec les dirigeants, les États-Unis, par exemple, ont continuellement exprimé leur compréhension et coopération envers la position du Japon pour le problème des enlèvements. En particulier, le Président Obama précisa dans son discours à Tokyo en novembre 2009 : « La normalisation des relations entre la Corée du Nord et les pays voisins présuppose que les familles des victimes japonaises devraient recevoir une explication suffisante concernant les victimes d'enlèvement. » En outre, lors d'un entretien avec les familles des victimes d'enlèvement en février de la même année, Mme Clinton, secrétaire d'État, mentionna que le problème des enlèvements est tout aussi bien pour les États-Unis un problème à aborder prioritairement.
      En ce qui concerne la Corée du Sud, le Président Lee Myung-bak a exprimé à plusieurs reprises d’offrir un maximum possible de coopération et soutien concernant le problème des enlèvements. Surtout, lors de l'entretien nippo-sud-coréen des dirigeants en janvier 2009, Président Lee mentionna : « Même en Corée du Sud, il existe beaucoup de victimes d'enlèvement. La Corée du Nord doit coopérer pour régler ce problème, et nous défendons la même idée que le Japon. » À part cela, Président Hu Jintao de la Chine et Président Medvedev de la Russie ont exprimé leur compréhension concernant le problème des enlèvements. En outre, en avril 2006, Président Bush (président à l'époque) lors d’un entretien avec Sakie Yokota, mère de Megumi Yokota, victime d'enlèvement, dit : « La Corée du Nord doit respecter les droits de l'homme et la dignité humaine, et permettre à la mère de Megumi de serrer sa fille dans ses bras. »
  2. (b)La Déclaration Commune adoptée lors des Pourparlers à Six de septembre 2005 reflétait la position de base du Japon, selon laquelle aucune normalisation n’est possible avec la Corée du Nord tant que les questions pendantes comme le problème des enlèvements ne sont pas résolues. L’un des objectifs de ces Pourparlers à Six était de parvenir à normaliser les relations en dépassant la triste histoire entre le Japon et la Corée du Nord et en résolvant des questions pendantes comme les enlèvements de citoyens japonais. Les Pourparlers à Six de février 2007 se sont concentrés sur les négociations de dénucléarisation et sur la formation d’un groupe de travail dédié à la normalisation des liens entre le Japon et la Corée du Nord. Les Pourparlers à Six de septembre de la même année se sont conclus avec le Japon et la Corée du Nord acceptant de prendre des mesures concrètes vers la construction de leur relation. Une déclaration en ce sens fut publiée le 3 octobre.
    Lors des Pourparlers à Six, il fut convenu que la Corée du Nord recevrait une aide économique et énergétique en échange de mesures de dénucléarisation. Cependant, le Gouvernement du Japon a décidé que le Japon ne participerait pas aux accords des Pourparlers à Six en vue de fournir de l’énergie à la Corée du Nord tant qu’il n’y aurait pas de progrès sur la question des enlèvements.
  3. (c)Comme décrit ci-dessus, l'importance du règlement de la question des enlèvements et l'approche du Gouvernement Japonais vis-à-vis de ce problème ont nettement obtenu la compréhension et le soutien de la société internationale. Le Gouvernement du Japon envisage d'ores et déjà de promouvoir activement la coopération avec la société internationale sur le problème des enlèvements. Il défend le point de vue que la compréhension et la coopération sont indispensables afin de presser la Corée du Nord de prendre des décisions pour régler le problème des enlèvements.

4. Mesures prises au Japon

(1) Investigations et enquêtes par le Gouvernement du Japon

Depuis le Sommet nippo-nord-coréen de septembre 2002, le Gouvernement Japonais a bénéficié d’une coopération sans faille de la part des victimes revenues au Japon, et a continué à enquêter sur les autres cas d’enlèvements par la Corée du Nord, ainsi qu’à examiner des cas présentant une possibilité d’enlèvement. Les conclusions de ces investigations ont mené le Gouvernement à identifier de nouveaux cas d’enlèvements et de victimes supposées et des personnes coupables de ces crimes, comme décrit ci-dessous. Le Gouvernement Japonais est engagé dans ces enquêtes et signalera à la Corée du Nord les nouveaux cas d’enlèvements au fur et à mesure qu’ils seront découverts. En même temps, le Gouvernement fera tout son possible pour obtenir un rapport complet concernant les cas déjà connus, comprenant l’identification des personnes coupables de ces crimes.

(a)Victimes identifiées supplémentaires

Les investigations gouvernementales ont permis de recouper de nouveaux éléments mettant en lumière deux cas probables d’enlèvements par la Corée du Nord, l’un concernant la disparition d’une femme dans la Préfecture de Tottori en octobre 1977 (Mlle Kyoko Matsumoto) et l’autre celle d’un homme (M. Minoru Tanaka) dans la Préfecture de Hyogo en juin 1978. Sur la base de ces certitudes, le Gouvernement Japonais les a ajouté à la liste des citoyens japonais enlevés par la Corée du Nord, le 27 avril 2005 pour Minoru Tanaka, et le 20 novembre 2006 pour Kyoko Matsumoto. Ces deux nouveaux cas portent les enlèvements à 12, impliquant un total de 17 victimes. 

Prenant en considération la révélation selon laquelle, outre les victimes japonaises, deux personnes de victime d'enlèvement (sœur aînée et frère cadet de nationalité coréenne) ont aussi été enlevées par la Corée du Nord, le Gouvernement Japonais maintient que les enlèvements sont à la fois une violation des droits humains, quelle que soit la nationalité, et une violation de la souveraineté nationale du Japon. Pour cette raison, le Japon demande à la Corée du Nord de permettre à ces deux personnes de revenir au Japon, le pays où elles ont été prises, et qu’un rapport complet soit fourni sur ces cas également.

(b)Suspects identifiés dans les enlèvements

Le 23 février 2006, les autorités japonaises ont identifié un agent nord-coréen du nom de Sin Kwang-Su comme responsable des enlèvements de Yasushi et Fukie Chimura, et un agent du nom de Choi Sun-Chol, se faisant appeler Kenzo Kosumi, comme responsable de l’enlèvement de Kaoru et Yukiko Hasuike. Le 2 novembre 2006, elles ont identifié un agent nord-coréen connu comme Kim Myong-Suk comme le responsable de l’enlèvement de Hitomi Soga et de sa mère Miyoshi. Le 22 février 2007, les autorités ont identifié deux individus dont les noms véritables demeurent inconfirmés, Han Myeong-Il (alias Han Geum-Nyeong) (qui fut un temps conseiller de la division Japon du Département d’Information et de Recherche à l’Etranger du Parti Travailliste Coréen) et Kim Nam-Jin comme co-conspirateurs de l’enlèvement des Hasuike. Le 13 juin 2007, les autorités japonaises ont identifié Junko Mori et Sakiko Wakabayashi (née Kuroda), épouses de membres du Groupe Yodo-go, comme responsables des enlèvements de MM. Toru Ishioka et Kaoru Matsuki. Des mandats d’arrêt ont été lancés pour tous ces suspects aux dates citées, et leurs noms sont sur la liste d’Interpol. Le Gouvernement du Japon a exigé que la Corée du Nord procède à l’extradition de ces individus.   

Les autorités japonaises travaillent depuis longtemps sur les cas d’enlèvements de citoyens japonais par la Corée du Nord. Depuis août 2002, des mandats d’arrêt ont été lancés à l’encontre de l’agent nord-coréen Sin Kwang-Su pour l’enlèvement de M. Tadaaki Hara (le cas Sin Kwang-Su) ; du membre du Groupe Yodo-go Kimihiro Uomoto (autrefois Abe) pour l’enlèvement de Mlle Keiko Arimoto ; et de l’agent nord-coréen Kim Se-Ho comme principal suspect dans l’enlèvement de M. Yutaka Kume (le cas Ushitsu). Ces suspects sont tous sur la liste d’Interpol, et le Gouvernement du Japon exige que la Corée du Nord procède à leur extradition vers le Japon. Un mandat d’arrêt est aussi lancé à l’encontre de Kim Kil-Uk en tant que co-conspirateur dans l’enlèvement de M. Tadaaki Hara, et les autorités japonaises sont en train de le faire lister par Interpol.

Le 26 avril 2007, les autorités japonaises ont lancé un mandat d’arrêt à l’encontre de Yoko Kinoshita, alias Hong Su-Ye, comme principale suspecte dans un cas d’enlèvement probable des victimes autres que japonaises (frère cadet et sœur aînée de nationalité coréenne), et le processus d’inclusion sur la liste d’Interpol est en route.

(c)Analyse ADN sur le mari de Megumi Yokota (avril 2006)

Au mois d’avril 2006, un test ADN conduit par le Gouvernement du Japon a montré une forte probabilité pour que M. Kim Young-Nam, citoyen coréen enlevé en République de Corée en 1978, alors qu’il était lycéen, soit l’époux de Megumi Yokota. Le Gouvernement Japonais a présenté les résultats de cette analyse à la Corée du Nord, réitérant sa demande d’une réponse de bonne foi allant dans le sens de la résolution du problème des enlèvements. Après avoir effectué des tests indépendamment, le Gouvernement de la République de Corée est parvenu aux mêmes conclusions en mai 2006.

(d)Entretien entre la famille Iizuka et Kim Hyun-Hee (mars 2009)

Le 11 mars 2009, à Pusan en Corée du Sud, Kim Hyun-Hee (auteur de l'explosion de l'avion Korean Air), témoin important concernant Yaeko Taguchi, eut une entrevue avec la famille Iizuka, famille de cette dernière. En tenant compte de la demande réitérative de la famille Iizuka, le Gouvernement du Japon organisa cette entrevue avec le concours du Gouvernement de la Corée du Sud. Comme des informations de référence importantes (voir note) concernant Mlle Taguchi furent obtenues à travers cette entrevue avec Kim Hyun-Hee, le Gouvernement Japonais est en train de procéder aux travaux de vérification.
(Note) Paroles de Kim Hyun-Hee :
« Quand je suis revenue de Macao en janvier 1987, j'ai entendu parler du chauffeur, vers février ou mars, que Mlle Taguchi avait été enlevée à un certain endroit inconnu. En 1986, j'ai entendu dire qu'on avait fait marier la victime d'enlèvement qui vivait toute seule. C'est la raison pour laquelle j'ai cru que Mlle Taguchi est allée quelque part pour se marier. »

(2) Application de la « Loi pour résoudre la question des enlèvements et autres violations nord-coréennes des Droits de l’Homme » (juin 2006)

Le but de ce texte de loi est de sensibiliser le public japonais au problème des enlèvements et autres violations des droits humains perpétrées par la Corée du Nord, ainsi que d’encourager la coopération internationale pour obtenir un rapport complet de la situation des enlèvements et d’empêcher que cela se reproduise dans le futur. La loi fut promulguée et mise en application le 23 juin 2006.

Non seulement cette loi détaille le devoir du Gouvernement dans la résolution des enlèvements et autres préoccupations, mais elle établit aussi le devoir des dirigeants au niveau tant national que local dans la sensibilisation du public, désigne la Semaine de Sensibilisation aux Abus des Droits de l’Homme en Corée du Nord (10 au 16 décembre) durant laquelle il est souhaité que le Gouvernement et les autorités locales organisent des événements informatifs sur le sujet. Le 6 juillet 2007, à cette loi s'ajouta un nouvel article qui précise que les mesures prises par le Gouvernement doivent aller dans le sens du règlement de la question des enlèvements. 

À propos, la Semaine de sensibilisation aux abus des droits de l'homme en Corée du Nord, stipulée par cette loi ci-dessus, se tient annuellement en décembre. Le Gouvernement organisa des manifestations telles que activités de publicité, des conférences, des colloques, la « réunion pour réfléchir sur le problème des enlèvements par tout le monde », etc. et apporte son soutien aux conférences internationales organisées par des groupes de citoyens et d'autres organisations privées.

(3) Établissement de la Cellule Nouvelle Dédiée à la Question des Enlèvements (octobre 2009)

  1. (a)Au mois de septembre 2006, le Gouvernement du Japon établit une Cellule dédiée à la question des enlèvements sous la direction du Premier Ministre, ayant pour but de faire avancer la résolution du problème par des mesures exhaustives. La Cellule est composée de l’intégralité du Cabinet, et constitue pour la première fois un corps central chargé de produire une approche unifiée au sein du Gouvernement pour traiter cette question des enlèvements.
  2. (b)En octobre 2009, le Gouvernement du Japon abolit la Cellule existante, dédiée à la question des enlèvements. Il délibéra sur les mesures contre le problème des enlèvements et établit une nouvelle Cellule dédiée au problème des enlèvements, dont le Premier ministre est le directeur, afin de promouvoir dynamiquement les mesures pour le rapatriement immédiat des survivants, la vérification concernant les victimes d'enlèvement dont le sort n'est pas clair, et les mesures compréhensives telles que l'approche stratégique concernant ce problème. Cette cellule est constituée du Premier ministre comme directeur, du ministre chargé du problème d'enlèvement comme directeur adjoint, du secrétaire général du cabinet, et du ministre des affaires étrangères. Ainsi, le régime a bien été établi afin d'aborder de façon dynamique le règlement de ce problème, principalement par cette cellule.
    Cette cellule organisa la première réunion en octobre de la même année, en confirmant qu'en ce qui concerne le cadre du secrétariat de la cellule dédiée au problème des enlèvements, il faudrait renforcer le système concernant en particulier l'information, et que le gouvernement entier promouvrait l'approche afin de réaliser le rapatriement dans les meilleurs délais de toutes les victimes d'enlèvement, etc.

(4) Activités de publicité et de sensibilisation, etc.

En tenant compte de l'importance d'attirer l'attention et l'intérêt du public au Japon et à l'étranger, afin de régler le problème des enlèvements, le Gouvernement Japonais procède à diverses activités de publicité et de sensibilisation, telles que la manifestation pendant la Semaine de Sensibilisation aux Abus des Droits de l’Homme en Corée du Nord (mentionnée ci-dessus), la manifestation en vue de la sensibilisation dans les régions provençales, la production et la diffusion de DVD et de dépliants, la promotion d’un film, l'organisation de conférences et l'envoi de conférenciers, etc.

De plus, afin de faire parvenir aux victimes japonaises d'enlèvement, toujours en mains de la Corée du Nord, les messages de leurs familles et les informations sur le Japon et l'étranger, le gouvernement diffuse depuis juillet 2007 une émission sur ondes courtes, destinée à la Corée du Nord (« Furusato no kazé (en japonais) » et « Ilponeparamu (en coréen) » (Note : vous pouvez aussi écouter cette émission sur notre site Web.)